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  • Théo Chaudet

Arrêtons nous. C’est Maintenant.

Récemment, la communauté internationale, qu’elle soit scientifique, politique ou même citoyenne, s’alarme. Elle prend conscience qu’un tournant, plutôt défavorable, est en train de se produire en terme d’écologie. Cela fait plus d’un siècle déjà que certains scientifiques, même en nombre restreint mais désormais de plus en plus nombreux, nous abreuvent de rapports auxquels nous ne prêtons peu voire aucune attention. Outre ces rapports plutôt scientifiques et techniques, nous n’avons pas pu échapper à la démocratisation du phénomène de « réchauffement climatique » depuis ces 30 dernières années et les conséquences qui l’accompagnent.

Les médias ont relaté nombres de sujets qui nous montrent que les faits sont là. Ils sont présents. Désormais, de plus en plus de personnes prennent conscience de l’ampleur et de la gravité du phénomène. Elles prennent conscience que si le mode de production actuel ne change pas, si nos ressources continuent à être exploitées de telle sorte, si notre consommation demeure identique (voire augmente), si le partage des richesses n’évolue pas, si la population augmente comme elle le fait actuellement, si les politiques présentes poursuivent ainsi, si la pollution ne diminue pas, et d’autres facteurs tout aussi importants, alors nous courrons vers un effondrement assuré.


Selon le terme récent, mis en évidence par Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans leur livre intitulé Comment tout peut s’effondrer: Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, cela se nomme la collapsologie. Ce mot, pour le moins énigmatique, se définit pourtant très simplement: il s’agit de l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder. Cela prend également en compte les dimensions sociologiques, psychologiques, humaines mais aussi économiques, écologiques, démographiques, culturels ou bien l’agriculture et la santé.


La crise environnementale constitue donc le plus grand défi de l’humanité pour le siècle à venir, et si rien ne change, l’issue est déjà malheureusement toute tracée. Mais avant de tirer toutes sortes de conclusions hâtives ou trop alarmistes, voyons quel est l’état actuel de la société d’un point de vu écologique et si ce que les scientifiques disent s’avère véridique: si nous ne changeons pas nos modes de vie, nous ne pourrons pas continuer de fonctionner de la sorte. De plus, il n’y a pas qu’une dimension écologique dans le réchauffement climatique, et c’est pourquoi nous verrons également l’impact que cela pourrait (et peut) avoir sur les populations, l’économie, les politiques ou bien encore l’industrie.


Un état alarmant, un phénomène de grande ampleur


Tout d’abord, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur ce qui se produit actuellement. Ce qui se passe est d’ampleur mondiale. Les catastrophes environnementales constituent le coeur de ce sujet. De ce fait et dans un premier temps, les phénomènes météorologiques qui normalement ne doivent se produire uniquement sur des périodes précises et dans un laps de temps établit, se produisent de plus en plus fréquemment et avec une intensité encore jamais observée.

Toutes ces catastrophes écologiques auxquelles nous assistons, pour le moins impuissants, nous touchent directement. Nous pensions que lorsque l’idée même du réchauffement climatique commençait à paraître, qu’il s’agissait d’un problème lointain et sans grande conséquence pour les générations actuelles. « Oui, mais de toute façon les océans ne vont pas monter de niveau avant 2100, je ne serais plus là de toute façon. » Combien de fois et par combien de personnes avons nous entendu cette phrase ? Or, ce ne sont pas que les générations futures qui vont être touchées, mais bien les générations actuelles qui commencent à subir les désagréments occasionnés par ce que l’on qualifiait de « problème lointain ».

De fait, les vagues de chaleur plus longues et plus intenses, les pénuries d’eau de plus en plus fréquentes dans les pays pourtant peuplés, l’extinction en masse de nombreuses espèces vivantes, la dégradation des océans, les dégâts considérables à l’encontre des écosystèmes uniques, et bien évidemment, ce dont tout le monde parle et prend comme exemple pour parler du réchauffement climatique, la fonte des glaces et des glaciers [1].


Cela vous est bien sur familier, car les médias ne cessent de relater tout ces faits, sans pour autant les relier complètement au réchauffement climatique (exception faite pour le dernier: la fonte des glaces devenue le symbole du phénomène). Cependant, le lien est évident désormais, même si cela peut paraitre difficile à admettre. En France, contrairement à ce que l’on peut croire, cela nous touche directement. Depuis quelques décennies, on observe de plus en plus de tempêtes violentes s’accompagnant d’inondations ravageuses.



Récemment, les inondations de l’Aude, du Var et de la Corse ont fait plusieurs victimes et ce phénomène n’est pas prêt de diminuer en intensité. Les personnes touchées directement, sont d’ailleurs extrêmement surprises par ces phénomènes, que les météorologues ont de plus en plus de mal à évaluer et anticiper.

Ou de même, la vague de chaleur toujours présente début octobre 2018 en Europe, qui accentue la sécheresse dans certains pays; ainsi que les premières chutes de neige fin octobre, en abondance, dans l’Auvergne qui ont surpris les habitants. En France, les températures d’octobre ont été de 10°C supérieures que la normale. Rien d’inquiétant en revanche car cela « provient tout d’abord d’une situation atmosphérique remarquable (...). Mais le réchauffement global du climat accentue probablement cette vague de chaleur », explique Etienne Kapikian, prévisionniste à Météo- France.


Il faut tout de même nuancer ce propos. Même si tous les pics de chaleur ne peuvent être liés directement au réchauffement climatique, la montée en température des océans reste une cause de la montée en puissance des phénomènes météorologiques désastreux. La chaleur de l’atmosphère accompagne celle des océans. Ce qu’il faut donc retenir, ce n’est pas les vagues de chaleur, pour le moins courantes, mais leur persistance et leur intensité de plus en plus notable. Le réchauffement global accentue ces vagues de chaleur. De même pour les tempêtes que l’on connait de plus en plus en France et qui frappent notamment le sud le plus souvent.


Depuis les années 1970, on constate également une augmentation de la fréquence du nombre de cyclones dans l’atlantique Nord. Ces phénomènes météorologiques sont plus intenses certes mais aussi très mobiles en partant du fait qu’ils se déplacent de plus en plus géographiquement. Mais cela ne se limite pas qu’à l’écologie. Selon le Bureau des Nations Unies, entre 1978 et 2017, « le cout économique total des catastrophes naturelles est estimé à 2,25 trillions de dollars », soit une augmentation de 151%, les Etats-Unis étant le pays qui a enregistré le plus de pertes au cours de cette période.


Sur un tout autre domaine, l’Afrique du Sud a décrété plus tôt dans l’année l'état de catastrophe naturelle dans le pays et la ville du Cap était menacée d'une rupture d'approvisionnement en eau potable. Néanmoins, la mégapole sud africaine a réussi à éviter la mise en place du "jour zéro », jour à partir duquel l'eau devait être coupée aux robinets.


Les extinctions d’espèces auxquelles l’on assiste depuis ces 20 dernières années sont également un autre signal d’alarme. Des mammifères, volatiles ou amphibiens se sont ainsi éteints. Depuis 1980, on recense environ une quinzaine d’espèces disparues comprenant le rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest, le Grizzly mexicain, le phoque moine des Caraïbes, le tigre de Java ou encore le bouquetin des Pyrénées.


Depuis 1992, « La liste rouge » a été crée par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la nature). C’est un indicateur qui va suivre l’état de la biodiversité dans le monde. Grâce à cet outil, « on sait aujourd’hui qu’une espèce de mammifères sur quatre, un oiseau sur huit, plus d’un amphibien sur trois et un tiers des espèces de conifères sont menacés d’extinction mondiale. » [2]Chaque année, cette liste est mise à jour et nous livre d’effrayantes conclusion. En 2018, 41% des amphibiens, 13% des oiseaux et 25% des mammifères sont menacés d’extinction au niveau mondial. Mais également, 31% des requins et raies, 33% des coraux constructeurs de récifs et 34% des conifères sont en danger. [2]


Mais ce n’est pas tout. Depuis quelques temps, une série d’études à mis en évidence le phénomène d’extinction des interactions écologiques. Ce dernier se définit comme suit: lorsqu’une espèce meurt, elle ne disparait pas toute seule mais emporte des « espèces voisines » avec elle sans que cela se remarque. Cela affecte les prédateurs de ces proies dans un premiers temps, puis dans un second temps, d’autres espèces liées vont être touchées indirectement. [3]

C’est ce que l’on appelle les coextinctions, désormais courantes et imprévisibles qui s’enchainent de plus en plus. [4]

Mardi 30 octobre 2018, est paru le dernier rapport « Planète Vivante » de l’ONG WWF, qui met en lumière qu’entre 1970 et 2014, les populations d’animaux vertébrés ont chuté de 60% au niveau mondial.

La WWF alerte donc: « Les espaces n’ont jamais décliné à un rythme si rapide, qui est aujourd’hui 100 à 1000 fois supérieur à celui calculé au cours des temps géologiques. » [20]

Il est à rappeler que la biodiversité terrestre est nécessaire à beaucoup de domaines dans la mesure où elle permet de maintenir les fonctions de régulation de l’écosystème (climat, qualité de l’air, stockage du carbone etc...) et des fonctions d’approvisionnement en eau, en énergie fossile, ou bien en plantes.[1]

Ainsi, la préservation de ces mécanismes est primordiale afin de garantir les processus naturels et l’accès à nos ressources fondamentales sans lesquelles nos systèmes actuels ne pourraient fonctionner.



Dans une étude de 2015, des chercheurs ont mis en évidence l’existence de 9 frontières à notre planète qui sont vitales et qu’il ne faudrait pas franchir.[5] Ces « frontières » prennent en compte, le changement climatique, le déclin de la biodiversité, l’acidification des océans, la diminution de la couche d’ozone, la pollution chimique, la consommation d’eau douce, la perturbation du cycle du phosphore et de l’azote, le changement d’affectation des terres ainsi que la charge en aérosols atmosphériques. Toujours selon cette étude, les chercheurs ont pu en quantifier pour le moment sept et selon eux,

quatre ont été d’ores et déjà été dépassées.


Ces « frontières » sont pourtant difficiles à comprendre et visualiser pour des individus lambdas qui ne comprennent pas ces termes techniques. Or, le changement climatique ou le déclin de la biodiversité sont deux variables qui peuvent à elles seules faire chavirer la balance, en notre défaveur.


Alors que la COP21 qui s’est déroulée à Paris en 2015 s’est mise d’accord pour stabiliser le réchauffement climatique lié à l’activité humaine à +2°C, le rapport d’octobre 2018 du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sur les effets d’un réchauffement à +1,5°C, a établit un constat dont nous devrions davantage nous préoccuper.


Outre les statistiques, les chiffres et schémas qui constituent le rapport d’une trentaine de pages, la conclusion est sans équivoque: il faut que nous opérions des transformations radicales dans tout les secteurs du monde entier et de la société.


Mais si nous rentrons davantage dans les détails sans pour autant que cela reste incompréhensible, voici ce que dit le rapport: Dans le cas d’un réchauffement de 1,5 °C, le niveau des océans augmenterait de 40cm (50cm pour un réchauffement à 2°C) et l’instabilité de la calotte glaciaire Articque et la perte de densité de la calotte glaciaire du Groenland pourraient être amorcées par une température entre +1,5°C et +2°C.


De plus, notre santé, nos approvisionnements en nourriture et en eau, notre sécurité alimentaire, notre sécurité mais également la croissance économique vont être impactés plus fortement qu’aujourd’hui dans l’hypothèse d’un réchauffement de +1,5°C (et davantage dans le scénario à +2°C). Plus la température augmentera, plus des efforts conséquents et nécessaires seront à fournir.


Si nous prenons l’exemple de la France, entre la période 2021-2050, les vagues de chaleurs seront plus longues et plus intenses ainsi que les sécheresses, qui viendront directement impactées l’agriculture.[7] A l’inverse, et au niveau mondial, l’intensité des pluies « fortes » augmentera de 5 à 7% (respectivement pour +1,5°C et +2°C). De même pour les cyclones qui ne devraient pas augmenter en nombre mais plutôt en intensité. [6]

Pour une limitation à +1,5 °C il faudrait donc réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 45 % en 2030 par rapport à 2010 et d’atteindre des émissions nettes nulles vers 2050.


Les engagements de l’accord de Paris en 2016 ne suffiront donc pas, toujours selon ce rapport, à limiter le réchauffement à 1,5°C. Néanmoins, il existe une solution envisagée pour réduire le réchauffement qui se sert des technologies CDR (Carbon Dioxyde Removal ou Emission négatives en français) et qui permettent de retirer du CO2 de l’atmosphère soit par le biais de procédés naturels (arbres, sols, océans etc...) soit par des procédés chimiques pour capturer le CO2 et le piéger, puis le stocker dans les sols par exemple. Mais ces technologies restent pour le moment couteuses et paradoxalement, dangereuses pour l’environnement...[7]


Les politiques et mesures mises en place


Mais alors, quelles sont les mesures prises pour lutter contre ce réchauffement ? Comme dit précédemment, en 2015, s’est tenu la COP21 à Paris qui après de longues et sinueuses négociations a conclu un accord commun qui vise à réduire les émission de gaz à effets de serres humaines à +2°C. Les « COP » (Conférences des Parties) ont été créées en 1992 à la suite du sommet de Rio. Cette conférence a admit le fait qu’un changement climatique opéré par l’humain existe et donne la possibilité aux pays de lutter contre. L’objectif de la COP21 était de conclure le premier accord universel pour limiter la hausse des températures à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle.Accompagnée par les rapports et statistiques du GIEC, qui estime que la température à la surface de la Terre a augmenté de 0,85 °C en moyenne depuis 1880, l’accord a pu être signé par 195 pays.

Or, dans les faits, on observe que cela est assez différent en ce qui concerne la mise en application du traité. En effet, en 2017 déjà, Donald Trump retire les Etats-Unis de l’accord, créant une véritable tragédie. Le deuxième émetteur de gaz à effet de serre au monde trouverait l’accord désavantageux pour son pays.

Plus récemment au Brésil, Jair Bolsonaro, le tout nouveau président brésilien élu ce dimanche dernier, a par ailleurs évoqué la possibilité d’une sortie de son pays des accords de Paris. De plus, il suggère de supprimer le ministère de l’environnement afin de le « lier » au ministère de l’agriculture, ce qui, dans les faits, ne présage rien de bon en ce qui concerne la situation actuelle de la foret amazonienne et sa déforestation massive. Il suggère aussi de supprimer tout obstacle à l’exploitation des sols de l’Amazonie dans le but de les utiliser pour des cultures intensives et ainsi, chasser les indigènes de leurs territoires.


On peut donc voir que malgré une volonté internationale de « changer le cours des choses », certains pays préfèrent poursuivre leur politique économique au détriment d’une politique écologique. En France, la démission de Nicolas Hulot, autrefois ministre de l’environnement, a fait beaucoup réagir. Les raisons de sa démission restent pour le moment assez floues même si lors de son interview sur France Inter, il a déclaré « Je ne veux plus me mentir. » Une phrase donc qui se passe de commentaires. Impuissant, l’ancien ministre a déclaré également, toujours sur les antennes de France Inter qu’il « avait le sentiment que l’écologie n’était pas la priorité de ce gouvernement » alors que « ce sujet conditionne tous les autres. (...). On s’évertue à entretenir un modèle économique, cause de tous ces désordres climatiques. »

Il ira même plus loin en disant que son poste était « à la croisée des lobbys ».


Depuis 2015 en France, les émissions de carbones sont reparties à la hausse, les énergies renouvelables en terme de production d’électricité restent à la traine et les émissions de GES de l’agriculture ont augmenté de 3,2 % en 2017. (source: Iddri) Un bilan plutôt mitigé donc.


Cependant, certains pays européens mettent en place des mesures et politiques qui favorisent le développement durable dans leur pays, en favorisant notamment les énergies renouvelables et limiter les émissions de CO2. Ainsi, selon le classement annuel de la GermanWatch, en 2017, des pays comme la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark ou encore le Royaume Uni, sont salués pour leur recours à des énergies dites plus « vertes » (Comme la politique de reboisement des forêts mise en place en Suède), ou bien la mise en place de mesures strictes (comme l’interdiction des voitures dans le centre ville à Oslo en Norvège).


Ces politiques fonctionnent et continuent de s’étendre malgré le fait qu’elles restent minoritaires. Les pays développés produisent en effet beaucoup moins d’émissions de gaz à effets de serre (GES) du fait de leur désindustrialisation. Or, la consommation dans ces pays restent très élevée et la production d’énergie n’est pas toujours renouvelable, ce qui semble être en opposition avec la volonté de lutter contre le réchauffement climatique.


Les politiques actuelles ne sont pas assez offensives et les pays demeurent tout de même réticents à leurs égard, préférant non seulement leur développement économique et leur enrichissement personnel et malheureusement tout cela en dépit du développement durable. Certes, si certains pays semblent faire des efforts, les plus gros « pollueurs » et consommateurs en énergie comme la Chine ou les Etats-Unis ne se trouvent pas (ou plus) dans un mouvement de transition écologique pour permettre une économie plus durable.

De plus, les pays en développement préfèrent mettre en place des politiques de développement économique plutôt qu’écologiques.


Au moment où l’écologie et le climat deviennent des enjeux primordiaux pour les politiques de toutes sortes, quelle soit économique, industrielle ou sociales, l’effet « domino » de tout ces déséquilibres pourraient survenir plus tôt que nous le pensions. Le système financier actuel et le changement climatique sont étroitement liés. Un très gros déséquilibre d’une des variables pourrait amorcer une rupture plus grande encore. Ainsi, un pic pétrolier ou un déséquilibre global du système économique actuel mettraient à mal notre système financier et amèneraient à une « contagion » encore plus grande. Des crises alimentaires, des pénuries ou encore des blocages dans de nombreux secteurs d’activités seraient à prévoir et c’est ainsi qu’en moins de deux semaines, la crise se répandrait à l’échelle du globe [8]. Les pays se concentrent davantage sur certaines problématiques, oubliant l’interaction existante des différents systèmes et c’est donc cette hyperglobalisation qui menace désormais notre société.


Pour résumer, l’hyperconsommation, les politiques climatiques inefficaces, les désordres écologiques, l’industrialisation de masse et la surpopulation sont les plus grandes sources de nos maux. Pour tenter de sauver tout cela, il faudrait réduire considérablement notre consommation et revoir en profondeur nos modes de productions.


Par exemple, l’exploitation d’énergies fossiles devrait être réduite voire stoppée. Il a été prouvé que d’immenses sources d’énergies fossiles sont encore présentes sous terre mais si nous décidions de tout exploiter cela engendrerait une catastrophe pour le climat. En effet, une quantité considérable d’énergie sera nécessaire pour extraire toutes ces ressources or cela serait totalement contradictoire car la production d’énergie pour extraire le pétrole par exemple, serait supérieure à l’énergie fournit par ce dernier une fois son extraction faite. En somme, il faut voir les crises dans leur ensemble et non séparément car ces dernières sont toutes connectées entre elles.[9]


Aujourd’hui, il existe plusieurs certitudes. La première est que la croissance physique de notre société arrive à son terme. La seconde, est que nous avons modifié l’ensemble du système Terrede manière irréversible. Ensuite, nous nous dirigeons vers un avenir instable. Enfin, nous pouvons être amené à vivre des effondrements globaux de toutes sortes.[1]


Réfugiés climatiques et populations: au coeur de l’enjeu


Depuis les années 1980, les inégalités économiques ont considérablement augmenté. Ce qui par ailleurs amène à une augmentation de l’instabilité économique, politique et démographique. Une nouvelle fois, tout cela est lié.


Selon Christian Aid, de 2000 à 2050, au moins un milliard de personnes devraient migrer de par le monde, dont plus de la moitié pour s'adapter au réchauffement climatique. Ces personnes devront migrer pour plusieurs raisons: d’une part du fait des conditions climatiques extrêmes qui risquent de se développer et persister de plus en plus, mais aussi du fait de nombreuses pénuries et pertes de territoire du au réchauffement climatique. Les conflits et tensions seront également source de migration. Enfin, le développement ou l’apparition de certaines maladies pourraient se révéler être une autre cause d’un phénomène migratoire de grande ampleur.



La crise migratoire que nous connaissons actuellement en Europe devrait donc s’intensifier. Outre les raisons d’instabilité politique actuelle dans les pays du proche et moyen orient, les raisons pour lesquelles les individus résidants dans ces pays migreront pourraient être

davantage liées à des guerres de territoires en vu d’obtenir certaines ressources rares ou bien même, des raisons toujours liée à la politique qui représente l’un des moteurs du problème écologique actuel.

Paradoxalement, ces migrations dues à l’environnement risquent d’accroitre les tensions et conflits dans ces régions.

Mais il existe des exemples récents de phénomènes migratoires et plutôt inconnus du grand public. En 2005, la moitié de l'île de Bhola, au Bangladesh, a été engloutie par les eaux, et 500 000 personnes se sont retrouvées sans logement. Les habitants de Bhola ont été les premiers réfugiés climatiques dans le monde.[10]


Dans un monde à +2°C, Gwynne Dyer évoque déjà dans son livre Alerte - Changement climatique: la menace de guerre, paru en 2009 [11] que les risques de conflits seront considérables. « L’Inde par exemple a déjà entrepris de construire une barrière de deux mètres et demi de haut le long des trois mille kilomètres de sa frontière avec le Bangladesh, ou le nombre de réfugiés pourrait être important lorsque la mer aura envahi les régions côtières du pays ».


Cet exemple nous rappelle la volonté du président américain Donald Trump, d’ériger un mur entre son pays et le Mexique afin de rendre moins perméable la frontière américaine pour limiter le nombre de migrations au sein du pays. Ces mesures sont plutôt radicales et drastiques mais les pays ont de plus en plus recours à cette forme de mesures pour lutter et se protéger. Cela provoque également des tensions géopolitiques majeures.


Ailleurs, ce sont le sécheresses extrêmes, les inondations à répétition, les ouragans intenses, les pénuries agricoles dues à ces événements qui deviendraient de plus en plus récurrents, et qui déstabiliseraient donc les pays riches, rendants les frontières entre Nord et Sud plus minces et sous tension.


Les ralentissements et crises économiques qu’ont connu notre société durant son évolution ont été identifiés comm causes directes de crises sociales qui elles mêmes ont provoqué des crises démographiques. Mais la première cause demeure le climat. En effet, le changement climatique va tout d’abord altérer la production agricole qui aura un impact direct sur l’économie. Puis, la crise économique engendrera à son tour une crise sociétale et humaine (ou éco-humaine) car les pénuries se feront ressentir ce qui entraînera des migrations, des famines et des désordres sociaux.


Ainsi, ces trois dernières crises entraînent elles aussi des guerres de territoire, des bouleversements dans le mode de consommation humain et parfois même des épidémies. Cela entrainant une large crise démographique.[12] A travers ce schéma, on observe que le désordre climatique à lui seul, peut entrainer de graves crises. Ainsi comme dit précédemment, tout est intimement lié. L’autre grand risque du changement climatique, va devenir celui des inégalités croissantes.[1]Les pays devront faire des choix de plus en plus difficiles en ce qui concerne les populations.


Selon l’ONU, la population en 2050 devrait atteindre 9 milliards d’individus et entre 10 et 12 milliards en 2100. Or, ces chiffres sont assez peu explicites du fait qu’ils ne prennent en compte que la natalité et mortalité ainsi que les migrations possibles dans les prochaines années, mais ne tiennent pas compte de l’environnement, des ressources disponibles ou bien de la pollution.[1]

Ce n’est donc qu’une prévision qui est avancée ici. Néanmoins, nous sommes actuellement 7,5 milliards et nous rencontrons d’ores et déjà des problèmes liés directement à la surpopulation.


L’humanité se voile la face


Le jour du dépassement. Cette journée a priori banale se définit par la date à partir de laquelle l’empreinte écologique dépasse la capacité de la planète à faire face a ces besoins et pressions humaines. En 2018, c’est le 1er Aout que cette limite fut franchie et cette date ne cesse de se rapprocher. A titre d’information, il y a 20 ans, le jour du dépassement était le 30 septembre. De plus, si le monde entier vivait comme les Français, le jour du dépassement aurait eu lieu le 5 mai 2018.


Pourquoi refusons nous alors de voir la vérité en face ? Premièrement, nous sommes trop « habitués ». Habitués car nous savons pertinemment ce qu’il se passe, nous observons et écoutons tout ce qui nous entoure mais nous n’y croyons pas. Ce n’est pas le manque de données, de chiffres ou de rapports, mais la crédibilité accordée a ces derniers. « Ce n’est pas l’incertitude, scientifique ou non, qui est l’obstacle, c’est l’impossibilité de croire que le pire va arriver ».[13]


Après de nombreux livres et études épluchées soigneusement, une citation provenant du rapport de 1972 de Dennis Meadows (scientifique et économiste américain faisant parti des premiers à mettre en avant le danger pour l'environnement planétaire de la croissance démographique et économique de l’humanité), résume la situation actuelle et s’avère très pertinente:


« Dans les années 1970, les critiques affirmaient: « il n’y a pas de limites. Tous ceux qui pensent qu’il y a des limites ne comprennent tout simplement rien... »

Dans les années 1980, il devint clair que les limites existaient, ce à quoi les critiques répondirent: « D’accord, il y a des limites, mais elles sont très loin. Nous n’avons pas a nous en soucier. »

Dans les années 1990, il est apparu qu’elles n’étaient pas si éloignées que cela (...) Alors, les partisans de la croissance ont clamé: « Les limites sont peut être proches mais nous n’avons pas besoin de

nous inquiéter de leur sujet parce que les marchés et la technologie résoudront les problèmes. » Dans les années 2000, il a commencé à devenir évident que la technologie et le marché ne

résoudraient pas la question des limites. La réponse a changé une fois de plus: « il faut continuer à soutenir la croissance, parce que c’est ce qui nous donnera les ressources dont nous avons besoin pour faire face aux problèmes ». [1][14]


Cette citation prend tout son sens désormais. Elle met en évidence notre profond déni à chaque avertissement de la communauté scientifique, ainsi que la volonté des politiques de persister et poursuivre ainsi, croyant que l’économie et la croissance résoudront tous les problèmes. Il est vrai que dans notre société, l’attitude plutôt pessimiste de ces rapports ne nous permet pas de nous y intéresser davantage et donc, de rester en quelques sortes « loin » de tout cela, comme si cela pouvait nous mettre à l’abri des faits. Mais les effets du changement climatique ont par ailleurs, été sous estimés et la médiatisation des ces faits peut amener à une paralysie du système en l’effrayant. D’autre part, le déni est un mécanisme psychologique humain qui permet de se protéger face à un danger (ou dans ce cas, des informations trop alarmistes).


Le fait est que désormais, il faut dire les choses telles qu’elles le sont et arrêter de se mentir ou de détourner la réalité ou bien encore, de porter la faute sur les autres, notamment les politiques. Car certes, les groupes industriels et les politiques écologiques de ces dernières décennies, n’ont rien fait pour remédier à ces changements mais désormais, ces acteurs prennent conscience que les choses doivent changer. Reste à savoir si les efforts amorcés mèneront à un « renouveau » ou s’ils ne seront pas assez suffisants, voire même, trop tardifs.


Les individus ont tous une part de responsabilité. Tout le monde peut changer. Les réactions « à quoi bon ? » des personnes, ne feront jamais évoluer quoique ce soit. Cette tendance de nature plutôt égoïste est pourtant monnaie courante de nos jours. Plusieurs personnes se disent, se trouvant devant le fait accompli, « tout va mal, mais profitons ! ». Ils existent de nouvelles manières de fonctionner dans notre société actuelle. Mais nous sommes bloqués.


En économie, cela s’appelle le « lock-in » ou resté bloqué dans une technologie du fait de sa facilité d’utilisation et de sa connaissance alors que d’autres technologies plus performantes et plus écologiques (parfois même économiques) existent pour remplacer la technologie devenue obsolète. Il y a différents choix technologiques qui s’offrent à nous désormais (permaculture, agroécologie, initiatives citoyennes etc...) et même s’il existe de nouveaux rendements qui accompagnent ces nouvelles technologies, on préfère utiliser les anciennes.[1]


L’absence d’alternatives concrètes génère un sentiment d’impuissance.[15] Nous ne savons pas quoi faire car nous ne pensons pas avoir trouvé encore des solutions qui permettraient à notre société d’évoluer en mieux, de s’améliorer. Néanmoins, une transition se développe. Les personnes « en transition » sont de plus en plus nombreuses et fonctionnent sur la base du postulat: « Ensemble, on va plus loin ».[1]


Nous pouvons changer


Finit le pessimisme. Désormais, voyons le bon côté. Depuis plusieurs années se développent des mouvements, des associations et autres, qui luttent, agissent, préviennent, informent et essayent de développer leurs idées nouvelles afin de trouver des alternatives à notre mode de fonctionnement actuel.


Voyant que les politiques n’agissent pas assez rapidement ou efficacement, plusieurs mouvements et campagnes de sensibilisation se sont créées afin de familiariser le grand public à cette grande cause. De fait, de plus en plus d’initiatives citoyennes se développent dans de nombreuses villes et pays.


La marche pour le climat, développée dans plus de 90 pays, a rencontré un véritable succès et a rassemblé de nombreuses personnes. Lancé sur les réseaux sociaux par une personne « lambda » (Maxime) début septembre, l’événement est vite devenu viral et c’est plus de 100 000 personnes qui ont défilé dans les rues le 8 septembre 2018.

Un événement au retentissement mondial qui a fédéré les foules, venues marcher pour la même cause.



Plus récemment, c’est une vingtaine de Youtubeurs qui ont lancé le mouvement « Il est encore temps » à travers une vidéo de 5 minutes qui se veut pleine d’espoir et de changement. Leur but, mobiliser les citoyens à lutter eux-mêmes contre le réchauffement climatique, et inciter les politiques à agir. Cette action se veut citoyenne et tout le monde peut y participer. Dans la vidéo, ces youtubeurs rappellent également qu’il est important de «Faire pression sur les élus locaux ».

Dans la vidéo, Aude GG nous dit : « Si j’ai pas le pouvoir de changer le mode de vie de tous les français, je peux déjà manger plus local ou végétarien, réduire mes déchets, moins prendre l’avion ou boycotter l’huile de palme : je peux aider ces petites initiatives à changer d’échelle.»

L’appel à des initiatives citoyennes et individuelles représentent tout l’enjeu du mouvement. Nous ne pouvons pas agir politiquement ? Alors agissons individuellement en opérant des changements dans nos mode de consommation, de production de déchets, de transports etc.


Nous savons que la pollution provient en grande partie des industrielles et multinationales, où lors de récents reportages (cf. Cash Investigation, octobre 2018) les gros groupes tels que Coca-Cola, rejettent la faute sur les consommateurs en prônant le fait que ce sont eux, nous, qui polluons en jetant le plastique alors que paradoxalement, c’est eux qui le produise en masse et qui polluent l’environnement. Les industriels se dédouanent de tout les maux dont nous les accusons et leur offensive consiste à nous attaquer, nous les consommateurs, qui sommes selon eux, les seuls et uniques pollueurs. Une mentalité que nous pouvons cependant changer.


Même si nos petites actions ne représentent pas forcement une grande partie d’un potentiel processus de changement de notre société, il faut y remédier et continuer à pratiquer ces actions nouvelles, porteuses de bon sens et de bonne volonté.


Réduisons considérablement notre consommation de viande, l’industrie animale représentant à elle seule environ 15% des GES, et ce comprenant la production, le transport ou encore la culture de nourriture. De plus, pour produire 1Kg de Boeuf, c’est 15 500 litres d’eau qui sont nécessaires. La consommation de viande entraine alors 5 à 10 fois plus de consommation d’eau qu’une consommation végétarienne ou bien une consommation très limitée en viande.[16] Nous oublions parfois que l’eau est une denrée rare et la production agricole et animale, de plus en plus intensives, réduisent considérablement nos ressources en eau.

Certes, l’idée n’étant pas de ne consommer que des produits issus du monde végétal ou de ne plus manger de viande (ce qui reste néanmoins une solution efficace), une réduction importante de notre consommation de viande est nécessaire.


Autre initiative: acheter local. Cette solution est désormais bien démocratisée dans notre société et c’est plusieurs commerces locaux qui ont fait leur apparition dans les communes rurales et les grandes villes ces dernières années. Dans un premier temps, cela permet de maintenir une économie locale et de limiter la délocalisation. Ensuite, acheter local participe à la réduction de la pollution en supprimant notamment le transport. Tout cela en créant des emplois et en favorisant le contact social. Passer par des systèmes en lien direct avec le producteur, peut être également une solution efficace. ( Il suffit de chercher les AMAP, les « Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne » sur leur site Internet.)


Le recyclage des déchets fait aussi parti des actions réalisables individuellement à intégrer à nos modes de vie. Il fait parti désormais de nos vies et le recyclage permet la réutilisation de matériaux pour un produit, tels que des métaux, du plastique, qui composaient un produit similaire arrivé en fin de vie et qui vont donc être réintroduits dans le processus de fabrication. On a parfois tendance à l’oublier mais le recyclage, même s’il est connu maintenant depuis quelques années, doit se poursuivre et continuer dans cette dynamique.

Ainsi, la ville de San Francisco en pratiquant l’économie circulaire, recycle 80 % de ses déchets et en vise le « zéro déchets » d'ici 2020.